" Les jeux vidéos résistent à la crise " titrent les JT français et leurs reportages de nous présenter ces joueurs atypiques ( ie ayant plus de 30 ans ), accros à leurs soirées jeux, en solo ou à plusieurs. "Canadian video game sales surge despite market fallout" annonçait il y a quelques semaines NDP group*: les ventes ont plus que doublé depuis 2006 au Canada, atteignant 2,1 milliards de CAN $. Comme aux USA, le dernier trimestre et décembre n"ont pas entamé cette tendance, malgré la récession et les ventes ont donc poursuivi leur croissance de 33 % annuels.
" La seulechose qui nous console de nos misères est le divertissement et c'est pourtant la plus grande de nos misères. " écrivait il y a plusieurs siècles Pascal. Depuis, rien n'a bougé. On pense que quand les temps sont durs, on coupe le superflu. Mais c'est presque le contraire qui arrive. Les chiffres de fréquentation du cinéma et des activités culturelles sont en hausse eux aussi ( à tout le moins en France ).
Outre les perspectives alléchantes de profits d'une industrie, il est intéressant de constater l'influence des jeux et de leur direction artistique dans la publicité et la communication auprès des cibles jeunes
À part découvrir des pubs sympa qui se moquent sans vergogne des américains, j'ai profité de ma semaine à Sydney pour rencontrer quelques personnalités de l'industrie communication / média en Australie, histoire d'échanger les points de vue sur l'état du marché, les enjeux, les raisons d'espèrer ou de désespérer. Ian Rowden ( Chairman and CEO Asia Pacific pour Saatchi&Saatchi, entrevue vidéo ci dessous ) et Michael Lynch ( rédacteur en chef de Campaign Brief, LE magazine référence de la créativité en Asie/ Australie depuis 20 ans ) m'ont donné une bonne synthèse de ce marché mature et dynamique à la fois, totalement lié à la zone Asie et très local dans sa culture pub. Juste à Sydney, selon le classement sorti début mars dans CB, 9 agences dépassent largement les 200 millions de AU$ de facturation, 15 les 100 millions....
Est-ce le fait d'être à plus de 20 000 km de la maison ou simplement un léger décalage de culture rafraîchissant ? En voyage, on est soudain plus attentif à tout ce qui nous entoure et personnellement, ma curiosité naturelle passe en mode turbo : nouveaux produits, nouvelles marques, autres modes, autres média, Sydney n'a pas manqué d'être stimulante pour les neurones. Moins déboussolante que Tokyo, mais très loin quand même de Paris, Montréal ou New York. Voici donc une deuxième sélection d'idées et de nouvelles glanées en marchant dans les rues, en écoutant la télé ou en lisant sur le ferry entre Circular Quay et Chiswick.
En attendant d'avoir totalement digéré mes 22h d'avion et mes 10 h de décalage horaire, et d'aborder les sujets de fond ( état de l'industrie pub / état des quotidiens ), voici un petit florilège de pubs et de marques australiennes glanées pendant mon séjour à Sydney. De l'horrible Vegemite, aliment culte en Australie, au culte de la nature et du sport, petite immersion au pays des surfeurs, des kangourous et de la mer à 23 ° en hiver...
• Vegemite : le participatif que vous ne pouvez pas comprendre...
Dur métier tout de même : passer quelques heures sur la plage de Bondi, spot de surf et lieu emblématique de la culture australienne, pour découvrir une belle initiative de brand visibility, originale et pourtant vieille de 35 ans. Mieux, la marque à l'origine de ce marketing éthique avant l'heure n'est autre qu'une banque : Westpac, une des premières institutions bancaires australiennes.
En France, on est habitués à la pub aérienne avec ces grandes bannières derrière des petits avions survolant les plages. Ici, la pub aérienne prend un tout autre sens. Depuis les années 70, Westpac sponsorise 2 des 6 ou 7 hélicos d'intervention médicale de l'état du New South Wales ( Sydney ). Ils sont aux couleurs de la banque et tout le monde ici les appelle les "Westpac helicopters". On les voit notamment survoler les plages de Sydney, afin d'éviter les attaques de requin. Et j'avoue qu'en découvrant le journal ce matin et le requin en haut à droite de la couverture du Daily Telegraph, j'ai repensé à ma baignade d'il y a deux jours à Bondi sous un autre angle !
IdeAd prend une pause pour mieux profiter de Sydney et regarder si de ce côté-ci de la terre, les médias et la communication tournent plus rond ? De retour dans quelques jours :-)
Impossible de me souvenir où j'ai lu une citation d'un anthroplogue québécois ( Bernard Arcand ) expliquant que quand il arrivait dans un nouveau pays, il avait deux façons de prendre contact très rapidement avec la culture locale: sa nourriture et sa pub. Toujours est-il qu'aujourd'hui à Sydney et avant hier à Hong Kong, deux affiches m'ont fait sortir l'appareil photo.
L’étiquette liée aux vœux a elle aussi ses différences
culturelles. Côté français, les cyber-vœux ne sont pas encore tout à fait
passés dans les mœurs : la carte a beaucoup d’adeptes et si l’on veut être
sûr de ne pas faire de faux pas ( ce qui est bien le minimum quand on adresse
des vœux ! ), c’est même incontournable.
Au Canada, pour des raisons écologiques, économiques,
peut-être aussi parce que Poste Canada, territoire oblige, n’a pas toujours la
même efficacité que sa cousine française (euphémisme J ), et
enfin parce que la tradition ne pèse jamais aussi lourd au Nouveau Monde que
dans le Vieux Continent, les cybervoeux ont rapidement gagné leurs galons. Pour
mieux faire passer cette nouvelle habitude, les entreprises ( de pub notamment
) n’hésitant pas à donner aux fondations caritatives l’équivalent des sommes
économisées sur l’envoi et le papier.
Cela explique en tout cas la prolifération de cartes de vœux
d’un genre nouveau.
Depuis les débuts d'IDEAD, je souhaite aborder les chocs culturels et autres atterrissages non contrôlés que subissent parfois les "expat" quand ils reviennent en sol français. Un spot TV en est pour moi un des emblèmes: je le garde en réserve depuis quelques semaines, mais il tourne depuis un bon bout de temps et je tombe parfois sur lui au hasard d'une pause publicitaire.
Le Blog de Greg vient de me donner le parfait prétexte pour vous le montrer : à partir d'une mésaventure ( fraude sur sa carte ) , Gregory nous parle des différences européennes dans l'utilisation d'une carte ( les français disent Carte Bleue, mais ce sont des Visa ou Mastercard pour la plupart , comme partout dans le monde ) et s'interrogent sur l'insuccès de Moneo. Retour à ma pub du jour donc et amis canadiens, préparez-vous à sourire.