À l’occasion du lancement du 2e opus de Adidas Original ( The Street ) créé par l’agence montréalaise Sid Lee, exprimons tout haut ce que plusieurs pensent tout bas: beaucoup d’argent, beaucoup de people, joli buzz... mais pas d’idée !
En fait, le plus intéressant de l'expérience Adidas Originals, c'est la performance incroyable de l'agence à faire valoir le spot. Comme si l'aura créative et innovante de Sid Lee suffisait à instiller au clip une originalité transcendante. En s'appuyant bien entendu sur le fait qu'une grande marque comme Adidas ne peut pas non plus vraiment se tromper. Win win situation...
Au final, ce n'est ni mauvais ni passionnant. Juste une vidéo bâtie pour Youtube. Truffée de clichés comme les clips de rappers. Très bonne musique, bon réal, esthétique urbaine avec une pincée d'esprit bad boy pour donner l'impression que la marque ose et s'encanaille : la recette du "cool" millimétrée, sans surprise. Zéro disruption. Zéro innovation.
Le grand art est donc ailleurs.
Rendons hommage aux RP de Sid Lee qui obtiennent autant de couverture de presse pour un spot qui ressemble plus à une pub de bière des 90's qu’à une création originale pour une marque mythique.
Ce n'est pas anodin : je reste convaincue que l'art de l'influence est l'avenir de la com'. Chapeau donc.
Hommage aussi aux dirigeants de l'agence qui ont su mieux que quiconque s'appliquer leur théorie, le "capital conversationnel". Le développement et la philosophie Sid Lee constituent une superbe réussite et un très beau sujet: la marque Sid Lee a désormais une équité presque aussi forte que celle de ses clients.
Puissent toutes ses productions être aussi bien ciselées et l'avenir de la discipline est assuré.